Nous avions publié un article critique d'une publication de l'AFIS (Les tromperies de l'AFIS). Nous avons proposé un Droit de Réponse à l’AFIS et à Nicolas Gauvrit, l'auteur de article. Voici le commentaire de Nicolas Gauvrit que nous a transmis l'AFIS en réponse à nos remarques :

« Etant donné que votre critique dépasse en longueur mon article, je ne vous répondrai pas de manière détaillée, mais je tiens à préciser quelques points importants :


1. Mon article porte sur les mathématiques et leur utilisation détournée, non sur la vie et l'œuvre de Sheldrake, qui n'est là que comme illustration. Il n'a donc pas vocation à décrire dans le détail les publications du fameux auteur.
2. Je me suis basé, pour l'article, sur une version en ligne de l'article de Sheldrake, trouvée sur son site. Vous me reprochez malgré tout plusieurs erreurs de détail : à supposer que vous ayez raison, en quoi cela remet-il en cause mon raisonnement ?
3. Votre critique finit de manière totalement contradictoire : après avoir tenté de prouver que j'avais tort pendant de nombreuses lignes, vous expliquez que ma critique n'est pas nouvelle, et que des auteurs fort savants l'ont déjà faites ! Je ne savais pas que j'étais si peu original, mais loin de me rendre confus, cela me réjouit : ça confirme mon analyse.

Pour conclure : Je ne vois dans votre longue critique aucun argument montrant une erreur dans mon raisonnement. Celui-ci prouve que Sheldrake a commis une erreur (ou arnaque) statistique, illustrant fort bien le thème de mon article. »

Nous remercions Nicolas Gauvrit d’avoir pris la peine de nous répondre. Nous reprenons ses arguments à notre tour :

  1. "Mon article porte sur les mathématiques et leur utilisation détournée, non sur la vie et l'œuvre de Sheldrake, qui n'est là que comme illustration. Il n'a donc pas vocation à décrire dans le détail les publications du fameux auteur."

Vous pouvez ne pas décrire en détail la vie et l’œuvre de Sheldrake. En revanche, nous ne comprenons pas pourquoi vous dites des choses qui sont fausses à son sujet. Vous décrivez de façon erronée la théorie des champs morphiques. De même, vous utilisez le terme de surnaturel alors que Sheldrake ne l’utilise pas. En somme, pour le peu que vous en dites, vous décrivez de façon inexacte ses recherches et en donnez par conséquent une image caricaturale.

  1. Je me suis basé, pour l'article, sur une version en ligne de l'article de Sheldrake, trouvée sur son site. Vous me reprochez malgré tout plusieurs erreurs de détail : à supposer que vous ayez raison, en quoi cela remet-il en cause mon raisonnement ?

Dans votre article, vous vous référez à l’article du JSE et non à l’article du site de Sheldrake. Que penseriez-vous d’un scientifique qui publierait une critique d’un article, en indiquant qu’il fait référence à cet article, et qui préciserait ensuite, en réponse à quelques questions, qu’il s’est en fait basé sur un autre article ?  En outre, si vous avez commis des erreurs, cela ne remet pas en cause votre raisonnement : cela veut dire que vous avez publié un article sur le site de l’AFIS et que cet article comporte des erreurs. Nous souhaitions donc vous les indiquer dans l'espoir que votre article soit modifié en conséquence.

3. Votre critique finit de manière totalement contradictoire : après avoir tenté de prouver que j'avais tort pendant de nombreuses lignes, vous expliquez que ma critique n'est pas nouvelle, et que des auteurs fort savants l'ont déjà faites ! Je ne savais pas que j'étais si peu original, mais loin de me rendre confus, cela me réjouit : ça confirme mon analyse.

  • Précisons la nature de nos remarques :

1. Vous indiquez que les résultats de la parapsychologie sont la conséquence d’erreurs statistiques. Cette affirmation est contredite par les données scientifiques (et statistiques) existant à l’heure actuelle.

2. Vous décrivez de façon erronée les travaux de Sheldrake et vous faites plusieurs erreurs dans la description d'une expérience qu'il a réalisé.

3. Vous proposez une critique de cette publication, critique présente dans l'article original, ce que vous ne mentionnez pas.

4. En comparaison des remarques des reviewers, votre critique manque de précision.

  •     Ainsi, l’article qui est actuellement proposé sur le site de l’AFIS comporte plusieurs erreurs et approximations. Nous vous proposons donc :

  1. Que vous fassiez correspondre vos hypothèses avec les données que vous analysez. En l’occurrence, pour affirmer que les résultats de la parapsychologie sont réductibles à des erreurs statistiques, il faudrait proposer des arguments scientifiques en ce sens. Ces arguments ne sont pas présents dans votre article. Avec le procédé que vous avez utilisé, qui consiste à réduire le tout (la parapsychologie) à une partie (une recherche de Sheldrake), nous pourrions affirmer que la physique, la biologie ou la chimie sont réductibles à des erreurs statistiques. Cela ne nous parait guère raisonnable.
  2. Que vous corrigiez les erreurs concernant la description des travaux de Sheldrake et de cette expérience.
  3. Il nous paraitrait donc plus cohérent que votre article  soit restreint à ce qu'il étudie : une critique d’une recherche de Rupert Sheldrake. Dans cette perspective, il serait intéressant que votre article soit plus précis car vos remarques, dans l’état actuel des choses, ne nous semblent pas suffisamment précises et donne par conséquent une image approximative du débat en question.
  4. Il nous paraitrait important de préciser que les scientifiques qui ont relu l'article ont fait les mêmes remarques que vous dans l'article original. Dans ces conditions, il nous parait difficile de critiquer la parapsychologie (JSE étant une revue dans laquelle sont publiés de nombreux articles de parapsychologie) étant donné que vous faites les mêmes remarques que les scientifiques qui ont relu l'article. D'une certaine façon, cet article contredit votre argumentation initiale dans la mesure où le comité de lecture semble avoir joué son rôle.
  5. Enfin, de façon plus générale, nous pensons que votre article gagnerait en qualité s'il n'était pas ponctué du ton qui le caractérise actuellement qui semble mettre en évidence votre aversion prononcée pour la parapsychologie. Un ton plus mesuré serait l'occasion de souligner l'objectivité de votre argumentation.

Ainsi, avec ces quelques modifications, votre article nous paraîtrait tout à fait constructif car vous pourriez ainsi participer et apporter des éléments pertinents au débat concernant cette publication. En attendant, votre article, tel qu’il est actuellement, nous apparait comme une tentative de décrédibiliser la recherche parapsychologique dans son ensemble, par des procédés qui nous paraissent fort mal venus de la part d’un Maître de conférence ayant la prétention de critiquer les pseudo-sciences en utilisant des stratagèmes qui pourraient leur être imputées.