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Le Prix-Défi Broch-Majax-Theodor a été lancé en 1987 par Henri Broch, biophysicien, Gérard Faier, dit « Majax », illusionniste, et l’immunologue belge Jacques Theodor, à toute personne qui pourrait présenter un phénomène paranormal. Clos en février 2002, ce prix, connu également sous le nom de Défi zététique international n’a jamais été remporté par qui que ce soit. De 500.000 Fr au départ, le prix a été porté à 200.000 €, sous forme d’un chèque de Jacques Theodor qui serait remis immédiatement en cas de démonstration extraordinaire. Aucun des 264 candidats n’a réussi à décrocher le gain, mais il semble que la grande majorité des candidatures n’ont pas conduites à un test. Si on ne compte que les exemples de tests diffusés sur Internet, on ne dénombre en tout que 20 candidatures réellement testées (ou pré-testées) en l’espace de 15 ans. Certaines propositions jugées « excessivement fantaisistes » étaient simplement « gérées » (cf. ici). Il y aurait eu également de nombreux abandons et reculades, dont le détail n’est pas fait (cf. ici). Le nombre de candidatures est grossi par la prise en compte de simples courriers ne présentant aucune revendication précise, et conduisant donc à des abandons prématurés (par exemple, les « candidats » n°231, 234, 245, 248, 250, 254, etc.).

Le « prix sceptique » est aujourd’hui un argument utilisé par la communauté sceptique lors des discussions sur le paranormal et plus particulièrement sur la parapsychologie. L’exemple courant pourrait être résumé comme suit : 

Question : « Que pensez-vous des recherches des parapsychologues utilisant le Ganzfeld et qui semblent démontrer des capacités psi chez l’humain ? » 

Réponse : « Le prix sceptique français a testé les prétentions extraordinaires de nombreuses personnes, dont sûrement des prétentions de clairvoyance et de télépathie, et pourtant personne n’a jamais remporté ce prix. Nous sommes bien obligés de penser que ces phénomènes n’ont pas été mis en évidence lors de tests vraiment scientifiques alors même que se présentait l’occasion rêvée d’en faire la démonstration, un prix de 200 000€ était offert ! » 

Et il est vrai que cet argument est de poids : qui manquerait l’occasion de s’octroyer la somme de 200 000€ ?

Analyse de quelques expériences

Observer scientifiquement un ou des phénomènes dits paranormaux est présenté comme le motif – évidemment louable – à l’origine de la démarche des créateurs du Prix-Défi. Mais comme nous allons le voir, ce prix comporte des failles dans la manière dont il a été organisé, ce qui fait qu’il ne peut prétendre à être un argument scientifique. Nous allons présenter ces failles. Pour commencer, examinons quelques unes des expériences présentées de façon extrêmement succincte sur le site Internet du Laboratoire de Zététique. 

Plusieurs candidats se prêtent à des tests faisant intervenir les statistiques. On constate alors que : a) le nombre d’essais est généralement insuffisant ; b) les résultats ne sont pas communiqués, sinon par l’expression « échec complet », si catégorique et incompatible avec l’outil statistique ; c) les seuils de signification ne correspondent pas aux seuils standards en science.

  • Candidate n°264 : elle est pré-testée sur un protocole où elle doit prédire les numéros du Keno le matin avant le tirage. Le pré-test consiste en 9 tirages, où la candidate propose 5 numéros, entre 1 et 70, qui devront apparaître dans les 20 qui seront tirés le soir même. Résultats : « en 9 tirages, les résultats obtenus par la candidate sont simplement une fois 4 bons numéros sur 5, une fois 3      bons numéros, deux fois 2 bons numéros, cinq fois 1 bon numéro. » On ne nous indique pas quelle est la probabilité d’obtenir ce résultat, mais on nous dit juste qu’il n’y a « absolument rien de paranormal ». Pour nous en convaincre, d’autres collaborateurs du laboratoire ont également essayé de faire des prévisions et l’un d’entre eux a obtenu deux fois 4 bons numéros sur 5 en trois tirages (événement dont la probabilité est de moins de 4 chances sur 10.000). Cette coïncidence suffit-elle à effacer le résultat obtenu par la candidate ? On ne nous indique pas à partir de quel moment le résultat peut être considéré comme paranormal, mais 9 tirages d’un pré-test semblent tout à fait insuffisants pour conclure quoi que ce soit.      

·       ·N°242 : Voyance par écriture automatique et horoscope. Test le 13 juin 2001. Pas de détail sur le protocole et la procédure d’évaluation. Il faut se reporter à l’ouvrage de Broch, Gourous, sorciers, savants (2006, p.46-48). Un certain nombre (non indiqué) de dossiers avaient été constitués en vue du test. Chacun contenait une grande photo et une date de naissance à partir desquelles la candidate pouvait décider de travailler. Chaque dossier comportait également des données sur le passé et le présent de la personne, disposées en vingt listes portant chacune sur un paramètre de cette personne : état civil (par exemple : célibataire, mariée, veuf, divorcé, sans enfant, un enfant, deux enfants…), événements marquants, phobies, etc. Pour chacune de ces listes, quelle qu’en soit la longueur, une seule réponse correspondait au cas de la personne. On considérait comme un succès si la candidate devinait la seule réponse juste pour chaque liste, alors que la variation du nombre de choix possibles occasionnait une variation des probabilités associées. Les expérimentateurs fixèrent le seuil de succès global à un score supérieur ou égal à 12 réponses justes sur les 20 questions. La description incomplète du protocole rend impossible de juger de la pertinence de ce seuil. Ce n’est pas du tout pareil si la candidate avait, pour chaque question, le choix entre 2 ou 8 items. Broch donne un seul résultat ponctuel (échec à 3/20) et affirme que toute l’expérience est un échec complet. 

·       N°106 : Test par une délégation des Sceptiques du Québec, le 23 mars 1991, de la clairvoyance de la couleur (rouge ou noire) de cartes. Seuil de signification fixé, d’un commun accord, à 77 cartes correctement devinées alors que la candidate en perçoit 55 sur 104. Pas d’explication concernant le faible nombre d’essais, et la fixation d’un seuil de signification aussi élevé. Le test aurait pu être considéré comme réussi avec 63 cartes perçues correctement sur 104 (soit 14 réponses positives en moins que le seuil fixé par les sceptiques), même si le nombre d’essais peut être considéré comme insuffisant, et les conditions du protocole trop floues. Le seuil de 77 cartes implique une probabilité de 1 chance sur 1 million, ce qui n’est pas conforme aux seuils standards dans les sciences s’appuyant sur les statistiques. 

·       N°62 : Test médiatique le 14 janvier 1990 de télépathie et clairvoyance sur cartes. Les contrôles sont assez bien décrits, mais le nombre d’essais est dramatiquement faible : 20 essais pour la télépathie ; 10 pour la clairvoyance. Aucun détail sur les résultats. 

De nombreux exemples présentent des expériences sans description complète du protocole, de la méthodologie, des procédures de jugement et d’évaluation des résultats. Seules des photos apportent quelques indices qu’il nous faut deviner, comme par exemple l’absence de double aveugle.

  • Candidat n°256 : test le 30 mai 2001 de clairvoyance de cibles placées dans des enveloppes opaques. Cibles : paysages, puis personnages. Une liste de réponses possibles, avec      photocopie des photos, était fournie à la candidate. Aucun détail sur la procédure de jugement.

  • N°247 : Test le 4 avril 2001 de PK sur magnétophone. Protocole utilisant une gamme de fréquence très large. Pas de précision sur la procédure d’évaluation. Sur la photographie, on voit un oscilloscope. L’évaluation a-t-elle été visuelle ? N’aurait-on pas pu utiliser un test statistique plus sensible

  • N°244 : Test de diagnostic paranormal en EMC le 25 mai 2001. Pas de détail sur le choix des cibles, le nombre de sessions et la procédure de jugement.

  • N°243 : Sourcellerie. Test le 12 juillet 2001 pour déterminer dans quel tuyau parmi dix s’écoulait de l’eau. Pas de détail sur le nombre de sessions et les résultats statistiques. 

  • N°242 : Voyance par écriture automatique et horoscope. Test le 13 juin 2001. Pas de détail sur le protocole et la procédure d’évaluation.

  • N°233 : Test le 7 juillet 2000 sur la « perception d’ondes électromagnétiques biologiques ». Aucun détail sur le protocole.

  • N°232 : Test le 14 juin 2000 sur de la vision à distance de 1 à 10 postures prises par sa femme ou son fils. Aucun détail.

  • N°200 : Prétest le 23 juin 1999 sur la vision à travers des enveloppes opaques. Aucun détail sur la procédure de jugement.

  • N°137 : Test le 2 mars 1995 sur la détection radiesthésique d’un champ magnétique. Aucun détail sur le protocole.

  • N°115 : Test le 1er octobre 1993 sur de la clairvoyance sur cartes Zener. Aucun détail sur le protocole et les résultats.

  • N°102 : Test en janvier 1993 d’un effet bactéricide par imposition des mains et d’une momification d’un citron. Aucun détail sur le protocole et les procédures d’évaluation. 

  • N°72 : Test le 11 juin 1990 d’un arrêt de la croissance de cultures de bactéries par imposition des mains. Aucun détail sur le protocole.

  • N°50 : Test en novembre 1988 de stigmatisation à distance. Aucun détail sur le protocole. 

On peut aussi se questionner sur la logique des tests du prix Défi. C’est le sujet qui doit proposer un protocole pour tester la capacité qu’il revendique, en indiquant ce qu’il considère comme résultats positifs et négatifs. Le scientifique intervient en second volet pour ajuster le protocole et les contrôles, de manière à ce que tout le monde tombe d’accord. Toutes les revendications sont-elles scientifiquement testables ? Ce n’est pas sans poser question. Prenons l’exemple du candidat n°97, qui prétend détruire une voiture par psychokinèse à 4000 km de distance. Aucun jugement a priori n’est établi sur la possibilité d’une telle action, ce qui est tout à fait honorable, malgré l’apparence assez délirante de la revendication. Le test proposé le 7 décembre 1991 consiste à déplacer par psychokinèse un lingot d’or de 1kg situé à Bruxelles, pendant que le sujet est en Bretagne. Le test est très simpliste, et correspond effectivement à l’idée contenue dans la revendication, mais pas à ce que les parapsychologues appellent la psychokinèse. Ni dans les cas spontanés recensés, ni dans les expérimentations en laboratoire, un phénomène de psychokinèse aussi fort et à une telle distance n’a été allégué. Il y a en effet un écart, dont la candidature n°97 n’est qu’un exemple, entre les objets de la recherche parapsychologique et les revendications pour le moins originales testées par le défi. Et pourtant, le défi fait passer le message qu’il s’agirait du même « paranormal », de la même « psychokinèse », qui échoue à se concrétiser.

Après une revue des principaux tests réalisés dans le cadre du Prix Défi, on reste sur notre faim pour savoir s’il s’agissait vraiment d’expériences répondant à la méthodologie scientifique, et laissant vraiment une possibilité pour qu’un phénomène paranormal se produise. Il ne s’agit pas de dire que ces tests sont inintéressants. Broch expose d’ailleurs dans ses livres l’effet qu’il rebaptise « myokinèse » et qui explique de façon physique les revendications des candidats 252 et 255. Certains testent sont réalisés dans des conditions de contrôle tout à fait valables, avec une cage de Faraday pour empêcher certaines communications entre les sujets (candidat n°62), ou des mesures adaptées, comme la perte de poids d’un citron « momifié » suite à une imposition des mains (candidat n°87). Mais la grande majorité des tests présentés comme scientifiques ne décrivent pas ces garanties. Or, la première des prétentions de ce défi était d’offrir enfin des conditions rigoureuses de test des revendications paranormales. Cet « appel à preuve » a peut-être mené à des tests rigoureux, mais pas à des tests scientifiques car les preuves obtenues ne l’ont pas été de façon à pouvoir convaincre l’ensemble de la communauté scientifique. En plus des failles méthodologiques, le défi regorge d’autres problèmes dans son organisation. On constate que la manière dont a été organisé le prix sceptique comporte des failles d'un point de vue scientifique : 

  • Il n’a pas été conçu avec le soin d’assurer l’indépendance des différentes parties en jeux (jury/créancier),

  • il n’a pas laissé de traces scientifiques consultables par des observateurs indépendants,

  • et il suit une ligne de conduite différente de la science classique. 

  • La dépendance entre le jury du prix et le créancier du prix : les tests de démonstration devaient être faits devant au moins deux des personnes suivantes : Henri Broch, Gérard Majax et Jacques Theodor (ou Henri Broch seul, en cas de force majeure, cf. ici). Or, Jacques Theodor est également le créancier du Prix-Défi (voir figure). Dans ces conditions, il est difficile d’affirmer que Jacques Theodor ait pu être un juge neutre et impartial puisque de sa décision en tant que juge dépendait la ponction d’une partie de son capital, engagé sur ses biens. Comme il n’est généralement pas indiqué que les tests sont conduits en double aveugle, cette dépendance jury-créancier pose un grave problème scientifique. Il n’est pas non plus indiqué si la démonstration doit convaincre une majorité du jury ou si l’avis de Jacques Theodor peut suffire à considérer une démonstration comme nulle.

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  • Publication très parcellaire des méthodes et protocoles utilisés : une synthèse des prétests et tests effectués dans le cadre du Prix-Défi n’est toujours pas disponible, même si Jacques Theodor y travaille. Les protocoles présentés sont donc très flous. Les résultats sont estampillés « échec complet » sans aucune précision, notamment lorsqu’ils se  présentent sous une forme statistique. Ces données seraient pourtant nécessaires pour être examinées et commentées par des      observateurs indépendants. Mais aucune publication dans une revue à Comité de lecture n’a présenté ces recherches à la communauté scientifique, sinon dans la revue militante Sciences et      pseudo-sciences (n°261, mars 2004). Quand un parapsychologue a demandé à Henri Broch les comptes-rendus des expériences, il a été renvoyé vers ses ouvrages. Or, les ouvrages donnent des descriptions parfois encore plus parcellaires, ou renvoient tout simplement vers le site Internet pour une « information complète » (2006, p. 41).

  • Le Prix-Défi ne suit pas la procédure scientifique classique : pour un certain nombre de raisons bien argumentées par Henri Broch dans ses livres, ou par ses élèves, le test d’une revendication paranormale par un zététicien peut se faire selon une démarche qui ne correspond pas aux canons scientifiques habituels.

Ainsi peut-on lire ici : « Le prix a été conçu sur le principe de raisonnement qui considère que c'est à la personne qui affirme détenir un pouvoir quelconque d'en faire la preuve, et non pas aux scientifiques de démontrer le contraire. C'est en effet une des bases de la méthode scientifique (et de la logique) que ce soit à celui qui prétend détenir des faits ou des théories nouvelles de les démontrer. » Ce syllogisme opère un glissement de sens entre une revendication scientifique et une revendication d’un pouvoir paranormal. De cette manière, le zététicien pourra exiger d’une personne sans formation scientifique mais revendiquant un pouvoir paranormal de réaliser des « auto-contrôles », des prétests et des tests dont elle aura élaborée les protocoles en précisant l’hypothèse testée et la méthode d’analyse des résultats. Il peut s’agir là d’un obstacle pour de nombreux candidats potentiels. Or, les candidats sans formation scientifique semblent constituer la majorité des prétendants au défi, pour des raisons qui tiennent peut-être de la psychologie et de la sociologie. Réciproquement, un scientifique ayant effectué des recherches sur les phénomènes paranormaux n’est pas ciblé par ce Défi car il ne revendique pas de pouvoir paranormal pour lui-même. D’une manière générale, les revendications scientifiques des parapsychologues n’aboutissent pas à des candidatures au Prix-Défi car elles suivent une procédure plus classique, de cumul de données obtenues dans des conditions contrôlées, avec publication dans une revue à comité de lecture et réplication par des laboratoires indépendants.

Certaines controverses entraînées par le Prix-Défi ont permis de pointer des problèmes dans la formulation de « l’appel à preuve ». Alors que le créancier propose un prix s’élevant à 200.000 €, cet argent n’est pas utilisé pour financer la reproduction d’expérimentations ayant déjà fait leurs preuves en parapsychologie. Il est aussi précisé (ici) que tous les frais sont à la charge du candidat, des déplacements et hébergements du jury jusqu’au timbre poste pour la correspondance. On peut imaginer plusieurs raisons valables pour justifier cette non-participation aux frais de la part du créancier. Sauf que c’est aussi un facteur non négligeable dans la procédure de candidature, une véritable « porte de sortie » pour conduire une candidature dans une impasse.

Nous pouvons prendre l’exemple du parcours d’un candidat qui pense dévoiler les personnalités au moyen de l’astrologie. Même si cette pratique reste assez éloignée des préoccupations des parapsychologues, ce qui nous intéresse ici est un cas concret de candidature n’ayant pas pu aboutir pour des raisons extra-scientifiques. Jacques Theodor a accusé bonne réception du bulletin d’inscription de M. Francis Gengoux en août 1993 et lui a proposé un pré-test, celui-ci nécessitant les profils psychologiques de cinq personnes établis sous forme d’autoportrait normalisé, qui devaient être comparés avec les prédictions de l’astrologue. En octobre 1993, le test n’a toujours pas eu lieu. M. Theodor écrit à M. Gengoux que les portraits devraient coûter 2 500 Fr chacun, soit une dépense totale de 12 500 Fr (environ 1900 €) qu’il cherche à épargner au candidat. En mai 1994, M. Gengoux est obligé de relancer M. Theodor qui n’a toujours pas trouvé de profils ni aucune autre solution. Au final, l’épreuve préliminaire n’a jamais eu lieu, et même si M. Gengoux avait pu assumer les frais de cette démonstration, il aurait dû encore sortir 12 500 Fr pour pouvoir prétendre au véritable test.

D’habitude, ce sont les sujets qui sont indemnisés pour leur participation à une expérience scientifique. Les dispositions du Prix-Défi vont à contresens de ce principe. Le jury est toujours gagnant car les candidats déclarent que Broch, Majax, Theodor et le Laboratoire de Zététique pourront utiliser à leur guise tous les documents de l’épreuve, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire dans leurs ouvrages à grand tirage. Il était même prévu une exploitation commerciale de la candidature remportant le prix. Ainsi, voici la réponse de Jacques Theodor à la question : « N’avez-vous pas peur de perdre vos 200 000 € ? » : « Mais pas du tout, c’est au contraire… le meilleur des placements ! Imaginez un peu le succès mondial de librairie de l’ouvrage que j’écrirais alors et qui présenterait LE médium et ses fabuleux pouvoirs… » (cité par Broch, H. (2008). « La force d’une croyance peut être immense ». Sciences et Pseudo-Sciences, n°282, juillet, p.35).

Après notre analyse de quelques candidatures et des principes gouvernant le test, nous pouvons établir un tableau qui différencient une expérience zététique d’une expérience scientifique, ce qui permet de relativiser la valeur du Prix-Défi en tant qu’argument scientifique dans le domaine du paranormal.

tableau_prix_zetetique

Conclusion

Même si nous restons des supporters de la démarche d’examen critique des phénomènes paranormaux, et que nous trouvons nécessaire qu’un laboratoire français implanté dans une université puisse aborder scientifiquement l’étude de ces phénomènes, nous trouvons l’emploi de « prix » ou de « défis » inadapté à plusieurs niveaux. Si de l’argent est disponible pour ces recherches, il ne doit pas être utilisé pour impressionner les imaginations sur fond de rhétorique militante. Il doit être investi pour une reproduction des nombreux protocoles en parapsychologie ayant donné des résultats et que des chercheurs, à l’étranger, tentent de vérifier. De tels « appels à preuve » réalisés à grand renfort de médiatisation nuisent totalement à l’étude scientifique de ce domaine, car elles trompent le public et la communauté scientifique sur la réalité de l’avancement des recherches. Enfin, pour le Prix-Défi Broch-Majax-Theodor en particulier, plusieurs failles dans l’organisation du prix et dans ses productions (pour celles qui sont visibles) montrent que cette démarche ne correspond pas aux canons scientifiques, et ne peut donc pas se faire passer pour un examen rigoureux des phénomènes dits paranormaux.

Par soucis de transparence, nous avons proposé à Henri Broch, par mail, avant la publication de ce texte, de nous indiquer d'éventuelles précisions, voire même corrections. Il ne nous a pas répondu.