HBHenri Broch est Professeur de physique à l'université Sophia-Antipolis de Nice. Il enseigne également la zététique dans cette même université. Henri Broch développe-t-il une approche scientifique et rigoureuse en phase avec la zététique ? Les informations qu'il propose sont-ils fiables ? Ou au contraire, Henri Broch fait-il parti de la catégorie des pseudo-sceptiques ? Nous aurons l'occasion d'étudier cette question à plusieurs reprises en analysant dans le détail les publications d'Henri Broch. Pour commencer, nous nous intéresserons tout d'abord aux "effets de la zététique" décrits par Henri Broch. Ce dernier propose en effet de catégoriser un certain nombre d'effet typiques de la pseudo-parapsychologie. Les voici :


Les effets de la zététique

· Effet Bof ?
Principe de "raison insuffisante" ou principe d'indifférence (schématisées par un haussement d'épaules). Effet intervenant fréquemment dans la détermination de l'hypothèse nulle H0.

· Effet Boule de neige
Untel déclare que Machin a dit que Chose avait appris chez Truc que... Témoignage de énième main où chaque intermédiaire rajoute un élément de son cru à l'histoire de départ.

· Effet Escalade
C'est un effet d'adhérence, d'escalade d'engagements : adhérence au comportement même de décision et non adhérence aux raisons, bonnes ou mauvaises, qui sont censées orienter ce comportement (i.e. Effet "50 centimes", "en vouloir pour son argent"...). Persévération de l'activité de décision. Errare humanum est, sed perseverare diabolicum.

· Effet Bi-Standard
Consiste à modifier les règles du jeu en fonction des réponses (et/ou des joueurs) pendant le cours du jeu. Cette ambiguïté du double standard est souvent présente chez les tenants des pseudosciences et plus encore chez ceux (l'intersection des deux groupes n'est pas nulle) des médecines "parallèles".

· Effet Petits ruisseaux
Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits oublis (ou erreurs) permettent les grandioses théories. Question à se poser : tous les paramètres sont-ils donnés et donnés correctement (unités utilisés, cohérence globale, valeur fonction du temps,..) ?

· Effet Bipède
Raisonner d'une ferme conviction vers une cause possible, raisonner à rebours, est un des effets les plus pervers et des plus difficilement identifiables. Très souvent il consiste à prendre l'effet pour la cause.

· Effet Cerceau
Cercle vicieux assez répandu chez les "paranormalistes" qui consiste à admettre au départ ce que l'on entend prouver par la démonstration que l'on va faire. Le point de départ est quelquefois sous-entendu et l' Effet devient ainsi un type de raisonnement circulaire difficile à détecter.

· Effet Puits
Plus un discours est "profond" (dans le sens de... creux), plus les auditeurs peuvent se reconnaître, et se reconnaître majoritairement, dans ce discours. L'effet Puits (effet "Barnum") offre ainsi une succession de phrases creuses qui peuvent être acceptée comme foncièrement vraies par toute personne car cette personne y ajoutera elle-même les circonstances qui, seules, en font des phrases ayant un sens.

· Effet Impact
L'effet Impact consiste à utiliser la connotation, le poids des mots pour induire une idée un peu (ou très !) différente de celle que les mots prétendent représenter.

· Effet Cigogne
L'Effet Cigogne consiste à tout simplement confondre corrélation et causalité.

· Effet Lotus
L'Effet Lotus (sous-ensemble de l'effet Cigogne) consiste à supposer une corrélation directe et à en tirer une fausse causalité, alors que l'on est en présence d'une corrélation inverse.

· Effet Paillasson
Avec l'importance du poids des mots illustrée par l'Effet Impact, il faut également bien prêter attention au choix des mots utilisés. L'"Effet Paillasson" consiste à désigner une chose ou un objet par un mot qui se rapporte à autre chose et permet ainsi de tirer des implications sans aucune commune mesure avec celles que l'on serait en droit de tirer; c'est l'Effet fondamental dans le domaine des phénomènes "paranormaux".

Source : http://www.unice.fr/zetetique/enseignement.html


Il s'agit là d'un ensemble d'effets qui décrivent de façon  pertinente des modes de pensée pseudo-parapsychologiques. Mais on remarquera également qu'il est possible d'utiliser la plupart d'entre eux pour décrire un certains nombre d'effets que l'on observe aussi chez les pseudo-sceptiques. Ces effets deviennent alors ceci (nous rajoutons dans certains cas des exemples) :


Les effets de la zététique appliqués au pseudo-scepticisme

· Effet Bof ?
Principe de "raison insuffisante" ou principe d'indifférence (schématisé par un haussement d'épaules). Effet intervenant fréquemment lorsque l’on présente au pseudo-sceptique des expériences de parapsychologie réalisées en conditions contrôlées. Il se traduit par une forte fatigue, voire un refus, le plus souvent dissimulé.

  • Exemple : attitude de nombreux pseudo-sceptiques quand on leur propose de consulter les travaux effectués dans le domaine de la parapsychologie scientifique.

· Effet Boule de neige
Untel déclare que Machin a dit que Chose avait appris chez Truc que... Témoignage de énième main où chaque intermédiaire rajoute un élément de son cru à l'histoire de départ. Particulièrement utile pour discréditer des chercheurs et des recherches en parapsychologie sans le moindre élément tangible.

  • Exemple : Le meilleur exemple concerne certainement les expériences de Rhine. Il existe en effet un certain nombre de rumeurs infondées lancées par des pseudo-sceptiques pour discréditer les expériences de Rhine. Par exemple, nombreux sont les sceptiques pensant que les expériences de Rhine avec cartes de Zener ne sont pas valides car le dos des cartes n'était pas symétrique. Or, dans la plupart des expériences, le sujet ne voyait pas le dos des cartes. Cet argument ne peut donc permettre d'invalider les travaux de Rhine.

· Effet Bi-Standard
Consiste à modifier les règles du jeu en fonction des réponses (et/ou des joueurs) pendant le cours du jeu. Cette ambiguïté du double standard est souvent présente chez les pseudo-sceptiques.

  • Exemple : A plusieurs reprises des sceptiques ont pu avoir ce type d'attitude. La fois la plus célèbre est certainement celle du sceptique Ray Hyman concernant le protocole Ganzfeld. Voyant les résultats étonnants obtenus par Honorton et d'autres chercheurs avec le protocole Ganzfeld, Hyman proposa à Honorton de mettre au point un protocole qui éviterait tout biais potentiel, en supposant qu'il restait peut-être certains biais dans les protocoles précédents. Hyman avait indiqué avant que le protocole soit mis en place que si des Ganzfeld, reproduits dans ces conditions, menaient à des résultats significatifs, les parapsychologues auraient réussi à démontrer de façon expérimentale les effets psi. Plusieurs laboratoires indépendants ont donc reproduit ce protocole. Ils sont arrivé à des résultats très significatifs. Mais Hyman a changé les règles du jeu. Malgré ces résultats, il n'a pas changé sa position et n'a pas admis ce qu'il avait promis lors de la mise en place des tests.

· Effet Petits ruisseaux
Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits oublis (ou erreurs) permettent les grandioses théories. Question à se poser: tous les paramètres sont-ils donnés et donnés correctement (unités utilisés, cohérence globale, valeur fonction du temps,..) ?

  • Exemple : dans les protocoles mis en place par des pseudo-sceptiques, un certain nombre d'oublis et d'erreurs permettent de faire en sorte qu'aucun effet psi ne soit obtenu. Cela permet d'arriver à des théorisations globales concernant l'inexistence du psi par le biais d'expériences mal conçues.

· Effet Bipède
Raisonner d'une ferme conviction vers une cause possible, raisonner à rebours, est un des effets les plus pervers et des plus difficilement identifiables. Très souvent il consiste à prendre l'effet pour la cause.

  • Exemple : Le pseudo-sceptique Hansel est un très bon exemple concernant les expériences de Rhine. Hansel raisonne de la façon suivante. Sa conviction est que le psi est impossible. Donc, par raisonnement à rebours, il en déduit qu'il y a forcément un artefact à l'origine de ces résultats. En l'occurence, en se fondant sur les plans des locaux, Hansel en a déduit que le sujet aurait pu tricher. Or, Hansel s'est fondé sur des plans qui n'étaient pas les bons. Son argument ne permet donc pas d'invalider cette expérience.

· Effet Cerceau
Cercle vicieux assez répandu chez les pseudo-sceptiques qui consiste à admettre au départ ce que l'on entend prouver par la démonstration que l'on va faire. Le point de départ est quelquefois sous-entendu et l' Effet devient ainsi un type de raisonnement circulaire difficile à détecter. Un exemple : les effets psi n’existent pas donc tout art du doute reviendra à douter de son existence et non pas à douter de sa non-existence.

  • Exemple : Le meilleur exemple est certainement les expériences pseudo-sceptiques. Elles visent dès le départ à démontrer que les effets n'existent pas et c'est pourquoi les sceptiques font tout pour éviter d'obtenir des effets (évitement des sujets doués, pas de pré-tests, nombre d'effets trop faible, pas de prise en compte de la littérature scientifique, etc.). Le Prix Défis est en ce sens un bon exemple d'effet cerceau.

· Effet Impact
L'effet Impact consiste à utiliser la connotation, le poids des mots pour induire une idée un peu (ou très !) différente de celle que les mots prétendent représenter. Un exemple : dire que l’on est sceptique et que l’on utilise l’art du doute, cela donne en soi une forme de légitimité.

  • Exemple : le meilleur effet impact est certainement les prix sceptiques. L'impact provient de l'énoncé suivant : "un prix est proposé pour toute personne qui démontre un phénomène paranormal". Cela permet du coup de discréditer les travaux scientifiques sur la question alors que ce prix n'a rien à voir avec la recherche scientifique sur le sujet.

· Effet Paillasson
Avec l'importance du poids des mots illustrée par l'Effet Impact, il faut également bien prêter attention au choix des mots utilisés. L'"Effet Paillasson" consiste à désigner une chose ou un objet par un mot qui se rapporte à autre chose et permet ainsi de tirer des implications sans aucune commune mesure avec celles que l'on serait en droit de tirer.

  • Exemple : Parler de pseudo-science pour désigner les travaux de parapsychologie scientifique de façon à discréditer dès le départ ces recherches.


On remarque donc que ces effets sont indépendants de leur abord sceptique ou parapsychologique. Un parapsychologue est nécessairement d'accord avec les effets décrits par Henri Broch car ils désignent de façon générale une forme d'esprit critique indispensable dans le registre scientifique.

Ces effets se révèlent donc tout aussi pertinents pour décrire des mécanismes de pensée pseudo-parapsychologiques que pseudo-sceptiques. Ils représentent un outil intéressant pour analyser dans le détail les publications dans ce domaine, et pratiquer un art du doute de qualité et une réelle démarche zététique. Nous utiliserons donc ces effets pour analyser dans le détail un certain nombre de publications parapsychologiques et sceptiques dans l'espoir d'y débusquer quelques modes de pensée peu rationnels.